Partager l'article ! OFCE : Et on nous force à financer ça ?: Je lisais dernièrement dans la revue « Problèmes économiques », édité par la très ét ...
Je lisais dernièrement dans la revue « Problèmes économiques », édité par la très étatique « Documentation française », un article de l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Économiques) au sujet des coûts et impacts du « choc fiscal » de 2007.
Deux erreurs flagrantes me font fortement douter de la fiabilité des analyses et modèles que cet observatoire peut fournir, et encore plus de ses conclusions.
D’abord, l’analyse des conséquences du crédit d’impôt égal à 20% des intérêts d’emprunts immobiliers pour la résidence principale. Voici un des raisonnements utilisés : ce crédit ne sera applicable que pendant les 5 premières années du prêt, or les prêts de ce type s’étalent généralement sur 15 ans ; il faut donc selon cette étude ne considérer qu’un tiers du montant de l’encours de ces prêts pour estimer le montant sur lequel s’appliquera la mesure. Erreur : dans les 5 premières années, le montant dû est bien plus important que dans les 10 suivantes, puisque le capital est remboursé progressivement (1). L’encours des prêts de moins de 5 ans représente donc bien plus du tiers de l’encours total.
Deuxième exemple : 75% des sommes versées au capital des PME pourront être déduites de l’ISF. En conséquence, l’OFCE estime qu’en cas d’utilisation à plein de la mesure, il faut déduire 75% des rentrées de l’ISF pour ceux dont l’impôt ne dépasse pas le montant plafond (50000€). Erreur encore : il suffira aux contribuables concernés de verser au capital de PME 133% de ce qu’ils doivent au titre de l’ISF pour en déduire 75%, soit 1,33*75% = 100% de leur impôt.
À la lumière de cet article, peut-on considérer que cet organisme remplit correctement sa mission, affichée sur son site, « de mettre au service du débat public en économie les fruits de la rigueur scientifique et de l’indépendance universitaire » ?
Ce qui pose problème ici, c’est que cet organisme vive d’argent public – tout comme l’éditeur qui reprend son article, d’ailleurs.
En effet, des erreurs sont toujours possibles. Chacun doit choisir le niveau de qualité recherché pour les informations dont il a besoin. Mais ici, les études n’ont pas besoin d’être vendues : elles sont financées par de l’argent prélevé obligatoirement. Ceux à qui est destiné l’information ont donc bien moins de pouvoir pour obtenir une information qui les satisfasse.
(1) sauf dans le cas des prêts « in fine », qui reste marginal.