Économie

Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 00:33

Alors que les plans de relance se succèdent, il n’est pas vain de rappeler que, pour permettre la reprise, les Etats doivent s’employer à réduire leur champ d’action. Les individus, qu’ils soient investisseurs ou consommateurs, sont les mieux à même d’identifier et de favoriser les secteurs et les entreprises qui porteront la croissance future, au cas par cas et localement.

Depuis quelques semaines, il ne se passe pas un jour sans que des plans de relance et autres mesures gouvernementales soient annoncées. Quelques dizaines de milliards d’euros en France, quelques centaines de milliards de dollars aux Etats-Unis : tous les robinets sont ouverts.

Pourtant, cet argent ne tombe pas du ciel : il est pris à certains pour donner à d’autres (par l’impôt), ou pris à l’avenir (par la dette), hypothéquant un peu plus la reprise.

Dans un cas comme dans l’autre, on ne fait que concentrer les ressources sur les problèmes les plus visibles, en pénalisant ce qu’on ne voit pas : la multitude taxée, ou l’avenir.

Les marchés ne s’y trompent pas : on les voit s’enfoncer à chaque nouvelle annonce d’intervention des pouvoirs publics. Les investisseurs se souviennent, mieux que les décideurs politiques, que ces interventions ne font que prolonger la crise, si ce n’est l’aggraver.

Il faut donc cesser les « sauvetages » étatiques : les gouvernements doivent se concentrer sur les réformes leur permettant au contraire de réduire leurs dépenses et leur périmètre, afin d’accélérer la reprise.

Sur ce sujet, voir aussi le communiqué d’AL (en novembre) : Politique de relance : les vieilles recettes ne vont pas aux nouvelles crises.

Par Matthieu Longobardi - Publié dans : Économie - Communauté : Les libéraux français
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 20:46

Lomig – alerté par Franck Boizard – signale un article particulièrement pertinent de Pascal Salin dans Les Echos, à l’heure de la « règle des trois tiers », dont on se demande d’où elle pourrait bien tenir une quelconque légitimité : Le profit ne se partage pas (puisqu’il est déjà le fruit d’un partage).

Par Matthieu Longobardi - Publié dans : Économie - Communauté : Les libéraux français
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Jeudi 27 décembre 2007 4 27 /12 /Déc /2007 17:55
Nicolas Sarkozy fixe comme objectif à Martin Hirsch, « Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté », de réduire la pauvreté « d’au moins un tiers en cinq ans », dans sa lettre de mission datée du 9 juillet 2007.

 

Cette proposition est attrayante au premier abord. La pauvreté n’est pas une condition que l’on souhaite voir largement répartie a priori. On peut douter de l’efficacité et de la légitimité de l’intervention de l’Etat en la matière, ou trouver incongru qu’un gouvernement se fixe un tel objectif, qui risque de lui faire consacrer des moyens à un résultat numérique qui ne doit pourtant être qu’un moyen en vue du bien-être, et non un but en soi. Soit. Mais quand on parle de chiffres, il faut être précis sur ce que l’on mesure. Que signifie donc cet objectif ? Qu’est-ce que cette « pauvreté » qu’il faudrait réduire d’un tiers ?

Le début de la lettre fait référence à « 7 millions de personnes [vivant] en France sous le seuil de pauvreté ». On peut donc imaginer (notez que c’est déjà une hypothèse, ce qui est gênant pour un objectif qui se veut précis) qu’il s’agit de réduire le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

Pourtant, plus simplement, réduire la pauvreté, c’est augmenter le bien-être ; l’objectif aurait pu être de s’assurer que chaque individu voie son bien-être augmenter. Mais c’est impossible à mesurer par l’Etat, à moins d’une intrusion manifeste dans les choix de vie de chacun, puisqu’il faudrait alors s’intéresser aux individus, et à la valeur subjective qu’ils donnent à chaque bien, à chaque événement, à chaque expérience. Il est bien plus facile pour l’Etat de s’intéresser à des masses.

Revenons donc à notre « objectif chiffré » : qu’est-ce donc que ce seuil de pauvreté ? Celui de l’ONU, 1$ par jour ? Je ne crois pas que sept millions de personnes soient concernées en France.

Pour arriver à ce chiffre, la définition doit être celle qui prend comme seuil 60% du revenu médian – le revenu médian est revenu de la personne qui gagne plus que 50 % de la population, et moins que les 50 % restants. Sont considérés comme pauvres ceux dont le revenu est inférieur à 60% du revenu médian. Voir sur le site de l’INSEE : Nombre et taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté selon leur âge.

Cette définition est donc relative. Si tous les revenus croissent de la même façon, la pauvreté ainsi définie ne baisse pas. Pourtant, le bien-être de chacun s’est accru. D’où cette fausse indignation dans la lettre de Nicolas Sarkozy : « Depuis plus de 20 ans, la proportion de personnes pauvres dans la population n'a quasiment pas diminué ». Cela ne signifie pas que le bien-être ne s’est pas accru.

En revanche, si le bien-être de tous baisse, mais qu’il baisse plus pour 90% de la population que pour les 10% qui ont les revenus les plus faibles, la pauvreté ainsi définie diminue. Pourtant, le bien-être de chacun a diminué. Or il est facile d’agir ainsi. Comme je le soulignais dans un commentaire, si l’on refuse qu’il y ait des riches et des pauvres, il n’y aura plus que des pauvres. En effet, pour supprimer les inégalités, il faut prendre aux uns pour donner aux autres. L’intérêt qu’il y a à créer diminue alors d’autant. Ainsi, en luttant contre les différences, on appauvrit tout le monde, puisque certains de ceux qui étaient capables de créer plus que les autres renoncent à le faire. Cette stratégie est donc non seulement condamnable sur le principe (s’arroger le droit de répartir ce que d’autres ont produit) mais aussi inefficace en pratique.

Que choisir : la croissance du bien-être pour chacun, quitte à ce qu’il s’accroisse plus pour certains que pour d’autres, ou le nivellement avec diminution du bien-être global ? S’il est bien évident que ceux qui produisent le plus perdraient à la diminution des différences de revenus, rien ne dit que les plus pauvres y gagneraient, puisque moins de richesses seraient crées : mieux vaut un quart de trois cents euros que la moitié de cent.

 

Cependant, le principe du Revenu de Solidarité Active, qui entend se substituer à plusieurs minima sociaux, et affiche l’ambition de faire que « toute heure travaillée signifie un gain de revenu » (Martin Hirsch, selon Wikipédia), n’est pas très éloigné, dans ses objectifs, du revenu universel défendu par certains libéraux (et par Alternative Libérale). La différence réside dans l’utilisation d’un tel outil pour contrôler la population : pour AL, le « revenu de liberté » est le même pour tous, sans condition. Au contraire, le projet gouvernemental cherche à s’adapter aux situations particulières (ce qui est évidemment impossible pour un dispositif étatique). Cela conduira nécessairement à l’introduction de nombreux critères de calculs, qui permettront de dicter à l’individu quels « choix » il a intérêt à faire selon la volonté et les valeurs portées par gouvernement… Une vraie différence de principe.
 
 

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Par Matthieu Longobardi - Publié dans : Économie - Communauté : Les libéraux français
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